photo Les librairies françaises vont-elles disparaître ?

Les librairies françaises vont-elles disparaître ?


Les librairies françaises vont-elles disparaître ?

Cette question est légitime sachant que depuis le début de l'année 2000, la Fnac fait régulièrement face à de nombreuses difficultés et de plus en plus de librairies de quartier et de clubs de livres sont fermés. Pourtant, les chiffres de l'année 2019 laissent présager le contraire, en ne citant que les 2,3% de livres écoulés de plus par rapport à 2018.

Une question qui ne date pas d'hier

Le sociologue Vincent Chabault s'est penché sur cette question dans un ouvrage récent. Avant d'entrer dans le vif des débats le concernant, il a tenu à rappeler que ce n'est pas la première fois que ceux-ci alimentent les places publiques. La mise en place de rayons de livres dans les grands magasins avait déjà suscité les mêmes controverses dès la fin du XIXe Siècle.

Il en est de même lors du lancement massif des supermarchés dans la vente des livres 50 ans plus tard et des grandes surfaces culturelles dans les années 1970. L'inquiétude des politiques de l'époque en ce qui concerne l'avenir des librairies françaises se reflétait même par l'adoption de dispositifs qui leur sont favorables, en ne citant que la loi sur le prix unique de 1981. Cela n'a cependant pas empêché une nouvelle vague de préoccupations à ce propos quand Internet a décidé de s'en mêler.

Des difficultés il y en a chez les librairies, mais des solutions existent

Malgré la rude concurrence des grandes surfaces de culture et des espaces de vente en ligne, les librairies indépendantes occupent encore plus de 20% du marché de vente de livres au détail. Derrière ce bon chiffre existe cependant un bémol à ne pas négliger : les importants écarts entre les points de vente.

En effet, si la majorité des grandes structures connaissaient une hausse de leurs ventes de 6% entre 2005 et 2011, les petites et moyennes, de leur côté, ont dû mal à suivre le rythme, enregistrant pour la plupart de nets reculs, et cette tendance n'a réellement pas changé jusqu'à maintenant. On constate tout de même de petites améliorations à ce niveau, depuis la mise en place de nombreuses solutions soutiens publics comme les aides du CNL, les soutiens régionaux, le « plan librairie » et le label LIR.

Quid des grandes surfaces culturelles

En 1974, la Fnac a créé un canal de vente de livres concurrents de celui de la librairie classique, mais qui s'y distingue par le concept de « libre-service assisté à la demande ». Connu sous l'appellation de « grandes surfaces culturelles », celui-ci s'accapare également une part de marché similaire à celle de sa principale concurrente, soit un peu plus de 20%.

Cependant, si la Fnac a réussi à se maintenir dans un marché de plus en plus concurrentiel, d'autres grandes surfaces culturelles n'ont eu d'autres choix que de le quitter, victimes non seulement de l'avènement des librairies en ligne, mais également de celui de l'uniformisation de l'offre et de la dégradation du rôle de conseil des vendeurs.

Internet, un concurrent qui rend également service aux canaux concurrents

L'avènement des premières librairies en ligne a été vu de mauvais œil par de nombreuses librairies indépendantes. Cela est compréhensible sachant que ce nouveau canal occupe également actuellement près de 20% du marché, si ce n'est plus. On ne peut cependant pas dire qu'il va totalement à l'encontre des autres canaux. En effet, la tête du marché en ligne est en effet partagée par la Fnac, le leader des ventes en grande surface culturelle, avec Amazon.

Par ailleurs, nombreuses sont les librairies indépendantes qui ont pu se renaître financièrement grâce à leur présence en ligne. On peut ainsi dire qu'Internet rend aussi grâce aux autres canaux. Donc, si les librairies disparaissent un jour, ce ne sera pas totalement à cause de la disponibilité des livres en ligne.